Je me suis perdue, à l’aveugle, à tâtons, sans pieds, sans savoir d’où viens la douleur du cor compressé dans la botte,
qu’importe, toujours avancer dans la jungle des maux, entre le coup de panique stomacal, l’imbroglio veineux, le cœur en rade, la chair devenue étrangère, sauvage. Le sommeil tranché au hachoir rend le nouveau matin encore plus insupportable.
Du creux viennent les larmes, sans sels, elles mêmes sont vides
Du creux montent les souffles, les plaintes, les cris
C’est le creux qui me digère, infâme mercure, il saccage ma vie.
Place Bellecour, les marronniers sont arrachés, le sol brut, écorché, saigne des petits galets gris tristes comme le ciment,
soleil livide tellement atone, j’ai oublié un gant sur le pavé de pierre glaciale qui m’a servi de banc, décidément rien n’a plus de sens.
Tous mes rêves s’étiolent.
L'idée de ton grand palais à l'hypothèse de tes mains sur mon visage, s'envole comme de la cendre.
Je voudrais m'égarer encore jusqu'aux confins des carnets de route.