nécessité. [Gao Xingjian] La Montagne de l'âme
Irrespektiv
donne le ton de l’insolence et de la
rébellion.
Kendell Geers est bien connu pour son art terroriste, et sa provocation viscérale. Il sait charger ses œuvres de significations complexes, politiques, éthiques, artistiques.
Ses installations sont pleines de sens, de contre sens et d’agressivité ; impossible de ne pas réagir en traversant le labyrinthe de barbelés ciselants ou
devant son art du « wrapping ».
Le très grand esthétisme de l’expo me laisse au final une vision édulcorée plutôt humoristique.
Où sont les cimaises éclaboussées d’encre et d’urine, murs éclatés à l’explosif… ?
MAC de Lyon, Cité Internationale.
LSV96, Kendell Geers, 2005
Ahmedabad, Frédéric Delangle, 2005, Fage Editions
Partir à Ahmedabad.
Partir dans l'imaginaire du monde, le prestige illimité de son passé, l'abandon cruel de ce jour, le répit de la nuit.
Territoire si lointain, inaccessible.
L'ombre enfouie de mon imago explore des réalités
devenues secrètes, invisibles.
[...]
La demeure du chaos est une bombe, la lenteur de son explosion se propage dans tous les interstices de la réalité
La demeure du chaos est l’estomac du rêve, les formes disparaissent, elles se mettent à hurler, à être digérées par le chaos
Il n’y a pas de sculpture, de beauté, l’harmonie froide des anciens mondes
Il n’y a plus de corps ni d’architecture
Il n’y a plus de monde, ni de lois …
La demeure du chaos retient la réalité
entre les mâchoires de sa folie
[...]
999 : visite initiatique au coeur de la Demeure du Chaos insufflée par l’Esprit de la Salamandre, Film d’Etienne Peronne, scénario original de T. Ehrmann. http://blog.ehrmann.org/films/999en.html
Le milieu tempéré m'affadit. Je suis fatiguée dans la quête, je voudrais
sortir de mon astreinte, glisser sur le bord, oindre la boue pour ne pas craindre d’être maculé. Laisser l’usure faire sa marque. Juste une fois. Les enfants du métissage ne me donne pas ce
droit, la réalité n’est jamais lisse. Dans la dérive, le
marketing alternatif booste la communication et l’enfant noir meurt de faim ou de haine.
Je me assise sur les berges, mais cela ne me convenait pas.
Rien ne me convient quand tu
m’habites
Je
pense à Plotin :
…fais comme le sculpteur, il enlève une partie, il gratte, il polit, il essuie jusqu'à ce qu'il dégage de belles lignes dans le marbre ; comme lui, enlève le superflu, redresse ce qui est oblique, nettoie ce qui est sombre pour le rendre brillant,…
Enfin les corps seront bandés, j'irai pour te
tuer.
Qu’auras-tu épargné à ta
veuve?
JL Maubant devant C-Curve, Anish Kapoor, 2007
30 ans
d'ambition CQFR
:
La cabane de Buren avec ses vitraux colorés,
installation de foire, galerie des glaces manquante.
On se rattrape,
avec le mur concave, vertige et effet renversant garanti!
Anish Kapoor sait nous distraire de sa pathologie pigmentaire.
Un peu de "cinématographie" avec Milk de Jeff Wall (1986) entre attitude statique et explosion de l'objet :
l'éclaboussure du lait oriente notre regard et suscite associations et métaphores.
Trop étanche ?
Place Dupe. Place forte.
Stupéfiant ou stupéfaction
Richesses clinquantes, robes de fêtes flashy habillées de sequins et de broderies, encens du Proche Orient, épices de Méditerranée, saladiers berbères, théières sahariennes, bassines en plastiques, valises 1er prix, tapis, charbons, pistaches, flacons de musc et khôl en poudre…
Partout des étals sauvages, trottoirs, passages, parkings...
Ici l’odeur de menthe, là de poulet rôti, de pain jaune piqué de nigelles.
Les femmes sont venues vendre leur travail à façon : dentelles de brick transparentes, lourdes crêpes blanches alvéolées, belles galettes craquantes, pain léger
bruni de sésame, alléchants m'semen natures ou pimentés, et la ronde exaltante des gâteaux dorés, semoule, feuilleté, amande, datte, miel,
sucre…
Tournis.
Appel irrésistible.
Des nuées d’abeilles se sont invitées au festin, gravitent, bourdonnent sur ce marché déjà tourbillonnant d’abondance et de vie.
Bon appétit ! Saha ftourkoum !
Le plein et le vide, VoirOuRegarder, 2008
L'homme n'est pas revenu
à sa place, le vide.
"Il est doux de se croire malheureux
quand on est que vide et
ennuyé"
Alfred de Musset, Confession d'un enfant du siècle,
1836
Edgy 15, Stina Persson, 2006
"Ces deux amants qui ne se sont jamais touchés se sont peut-être plus aimés et ont plus joui l'un de l'autre que deux êtres unis. Dans le désir, on est toujours
tout seul. Aucun désir au monde ne peut tenir lieu de désir. Mais à travers un désir, le désir peut être vécu. Il se pose, il se déplace. Il se vit comme ça."
Le
ravissement de la parole, M. Duras, Radio France, 1997
Que fait cet homme sous ma fenêtre?