La  culture n'est pas un  luxe c'est une  
                  nécessité.     [Gao Xingjian] La Montagne de l'âme

 

Dimanche 29 mars 2009

Buffet s'est lassé de la vie, Rudolf Bonvie, 2000


- " Venez, je vous en prie
                   entrez dans mon salon,

     venez constater,

                       Buffet s'est lassé de la vie"

Il a glissé sans retenue le long de l'uniformité.
Tous labelisés, marchandisés
Noir & Blanc, c
onvention sans cérémonie,
des codes et des barreaux.
Au taquet !
esclaves de l'étiquette,

                       dans une situation sans issue


Rudolf Bonvie
* 1947
Lives/works in Lyon + Köln Germany

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Mardi 3 mars 2009

Friche Belle de Mai, Marseille, Perso 2009



A la Belle de Mai, je suis allée
A la Friche, me ressourcer
Vas, laisse en friche ton sofa
En Maitresse je me suis imposée

Je t'acheterai un baudrier en cuir épais, mon bel esclave,
Talons, brillant vinyle, jouet en silicone
Et mon mépris n'aura d'égal que mon plaisir

Passe-temps qui déjà me passe,
J'ai tant de choses à défricher
             à m'affranchir

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Mardi 17 février 2009

Chop Suey, Edward Hopper, 1929



Bien sûr,  je nous idéalise, mais n'est-ce pas notre attente?

           Fantasmes, Fantaisie, Philosophie,
              Imaginaire, Art, Voyage,
                 Graal du savoir, Idéal

On veut dépasser les limites du réel, se mettre en rupture, en dérive volontaire, accéder à l'invisible, à l'indicible.

On veut accumuler les tranches de couleurs, superposer les parfums, saturer les sens, conserver.

    
   Berlin  Bruxelles  Barcelone Byzance

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Vendredi 13 février 2009

Tour de Babel, Illustration Elodie Nouhen, 2007



Aquarium, Planétarium, Place de la Bourse en Vivarium, je promène ma nichée en quête de terrains, d'acquisitions.

Je travaille dans la construction, plus souvent à la truelle qu'au pinceau. J'ajuste des rafistolages de fortune, laissant, je sais, toujours des brêches.
Je consolide avec goût, tendrons de veau mijotés façon osso bucco, avec artifice, cookies en pâte crue qui s'envole avec déraison vers les bouches impatientes. Rugueuse mais fondante.
Je colmate au sucre, aux pépites grossièrement concassées.

L'identité n'est pas fixe,
elle se modèle, se déplace, s'efface ou se forge.


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Samedi 31 janvier 2009

Henri Texier Aldo Romano Louis Sclavis,
Guy le Querrec, 1990




J’ai pris la route, hier, jalonnée de sols arides, de lacs lointains roses et salés, de détresses humaines, de hauts plateaux aériens, de rencontres blanches, quelle musique !

 

Plus probable que ma route suive l’asphalte uniforme, les tunnels du métro, les enseignes rouges de Carrefour, le vent azuré sur le Rhône et les rencontres codifiées.


             De passage

 

                - « Il faut être ambitieux petit, avoir de l’appétit, chaque année une nouvelle merveille, Muraille de chine, Taj Mahal, Pyramide, Mékong,
soit un homme, un géant !
 »

 

L’humanité du nord avait inventé les couettes chaudes, les voitures rapides, la cuisine raffinée et la poésie exquise, avait juste oublié les nattes dures, les charrettes sales, le bol de riz, les armes automatiques, l’analphabétisme…

 

L’humanité du nord avait consommé de tout sauf de la vie.

 

             Vamos


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Samedi 17 janvier 2009

Dreamtiger n°2, Jacques Monory, 1971

Je me suis perdue, à l’aveugle, à tâtons, sans pieds, sans savoir d’où viens la douleur du cor compressé dans la botte, qu’importe, toujours avancer dans la jungle des maux, entre le coup de panique stomacal, l’imbroglio veineux, le cœur en rade, la chair devenue étrangère, sauvage. Le sommeil tranché au hachoir rend le nouveau matin encore plus insupportable.


Du creux viennent les larmes, sans sels, elles mêmes sont vides 

Du creux montent les souffles, les plaintes, les cris

C’est le creux qui me digère, infâme mercure, il saccage ma vie.

 

Place Bellecour, les marronniers sont arrachés, le sol brut, écorché, saigne des petits galets gris tristes comme le ciment, soleil livide tellement atone, j’ai oublié un gant sur le pavé de pierre glaciale qui m’a servi de banc, décidément rien n’a plus de sens.

Tous mes rêves s’étiolent.

L'idée de ton grand palais à l'hypothèse de tes mains sur mon visage, s'envole comme de la cendre.

Je voudrais m'égarer encore jusqu'aux confins des carnets de route.


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Lundi 5 janvier 2009




Le ventre de Lyon est vide,


abandonné des hommes,


Marché-gare affamé,


gigantisme et prestige passés.


Le labeur toujours pérenne

 


                             Portes définivement closes









les buvettes n'attendent plus
les noceurs


Administration jadis moderne et ambitieuse 

 


Crèmerie, commerce oublié

 

 
1961

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Jeudi 1 janvier 2009


Untitled 399, Françoise Nielly, 2006


Au nouvel an, nouvelle peau



J'avais déjà réglé la course, il me retenait.
L'homme du taxi m'a dit :
Vous êtes jeune, vous êtes belle et intelligente.
Je savais bien qu'il mentait, mais je l'ai cru.
J'ai laissé glisser sa main
le cuir de la Volvo
sa voix mâle ensorcelleuse.


Nous manquons cruellement de taxi les nuits de Réveillon.



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Lundi 15 décembre 2008

Place des Terreaux, Muriel Chaulet, http://www.lumieres.lyon.fr, 2008




Nous sommes allés en nuit, dans la grande ville des lumières.

Les rouges réchauffent les estomacs, vin et chocolat chaud ont bon goût de sourire.
Les enfants à la main, s’échappent, s’improvisent découvreurs des merveilles. Ils savourent le temps.

Ce soir est pour nous, communions chez Paul, Mezzo di pasta, rigolade espiègle sur la place des Terreaux. Partageons l’hôtel de ville, stupéfiés sous la voute d'étincelles, silence.

Nous sommes ballotés sur ce quai inquiétant, bleuté, givré, peuplé de femmes fantômes, dames blanches de lumière, musique envoutante confondue de vent et de flots. La magie nous guide jusqu’aux limites de la ville, derrière la grande grille, la dernière porte. Le lac s’étend, noir. Puis s’élèvent les brumes, améthystes, émeraudes, glissent les barques aux voiles scintillantes, petites jonques féériques jaillies des vapeurs qui percutent notre imaginaire. Nuit de rêves.


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Mardi 2 décembre 2008

Kanagawa oki namiura (la grande vague à Kanagawa), Kokusai, 1830


Ce sont d'abord les ongles qui cassent,
puis les vitres embuées, la mer à boire, les cris qui débordent.

Il me faut décider.

Les yeux jaunes des crocodiles m'ont rendu l'aplomb, mais le courage et la force ? pourquoi sont-ils rétifs ?
Je puise, je puise, la saumure n'étanche ni mes peurs ni mes soifs.


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