Buffet s'est lassé de la vie, Rudolf Bonvie, 2000
- " Venez, je vous en prie
entrez dans mon salon,
venez constater,
Buffet s'est lassé de la vie"
Il a glissé sans retenue le long de l'uniformité.
Tous labelisés, marchandisés
Noir & Blanc, convention sans cérémonie,
des codes et des
barreaux.
Au taquet !
esclaves de l'étiquette,
dans une situation sans issue
Rudolf Bonvie
* 1947
Lives/works in Lyon + Köln Germany
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Henri Texier Aldo Romano Louis Sclavis,
Guy le Querrec, 1990
J’ai pris la route, hier, jalonnée de sols arides, de lacs lointains roses et salés, de détresses humaines, de hauts plateaux aériens, de rencontres blanches, quelle musique !
Plus probable que ma route suive l’asphalte uniforme, les tunnels du métro, les enseignes rouges de Carrefour, le vent azuré sur
le Rhône et les rencontres codifiées.
De passage
- « Il faut être ambitieux
petit, avoir de l’appétit, chaque année une nouvelle merveille, Muraille de chine, Taj Mahal, Pyramide, Mékong,
soit un homme, un géant ! »
L’humanité du nord avait inventé les couettes chaudes, les voitures rapides, la cuisine raffinée et la poésie exquise, avait
juste oublié les nattes dures, les charrettes sales, le bol de riz, les armes automatiques, l’analphabétisme…
L’humanité du nord avait consommé de tout sauf de la vie.
Vamos
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Dreamtiger n°2, Jacques Monory,
1971
Je me suis perdue, à l’aveugle, à tâtons, sans pieds, sans savoir d’où viens la douleur du cor compressé dans la botte,
qu’importe, toujours avancer dans la jungle des maux, entre le coup de panique stomacal, l’imbroglio veineux, le cœur en rade, la chair devenue étrangère, sauvage. Le sommeil tranché au hachoir rend le nouveau matin encore plus insupportable.
Du creux viennent les larmes, sans sels, elles mêmes sont vides
Du creux montent les souffles, les plaintes, les cris
C’est le creux qui me digère, infâme mercure, il saccage ma vie.
Place Bellecour, les marronniers sont arrachés, le sol brut, écorché, saigne des petits galets gris tristes comme le ciment,
soleil livide tellement atone, j’ai oublié un gant sur le pavé de pierre glaciale qui m’a servi de banc, décidément rien n’a plus de sens.
Tous mes rêves s’étiolent.
L'idée de ton grand palais à l'hypothèse de tes mains sur mon visage, s'envole comme de la cendre.
Je voudrais m'égarer encore jusqu'aux confins des carnets de route.
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Le ventre de Lyon est vide,
abandonné des hommes,
Marché-gare affamé,
gigantisme et prestige passés.
Le labeur toujours pérenne
Portes définivement
closes
les buvettes n'attendent plus
les noceurs
Administration jadis moderne et ambitieuse
Crèmerie, commerce oublié
1961
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